Le Blog sur Atlernatives Economiques

Trois associations mettent les banques et le gouvernement au défi de l’inclusion bancaire

9 décembre 2011

L’exclusion bancaire n’est plus une injustice sociale orpheline. Trois associations, et pas des moindres, ont décidé de s’approprier ce sujet pour tenter d’y remédier. Mercredi 7 décembre au Conseil Economique, Social et Environnemental, la Croix Rouge, le Secours Catholique et l’UNCCAS ont dévoilé à la presse leur Manifeste pour l’inclusion bancaire des populations fragiles. Il était temps car, n’en déplaise à la Fédération Bancaire Française, 6 millions de personnes au minimum voient leur vie gravement amputée par les difficultés bancaires. Lire l’article »

Pauvreté et exclusion : le CNLE et l’ONPES tirent la sonnette d’alarme

5 décembre 2011

Ça ne m’était encore jamais arrivé mais je mets ci-dessous mon blog à la disposition du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) et de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) – dont je suis membre – afin de relayer leurs recommandations pour tenter de faire face à l’évolution alarmante de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Lire l’article »

Surendettement, fichier positif et cinéma : la grande confusion

25 novembre 2011

La sortie du film « Toutes nos envies » de Philippe Lioret inspiré du livre d’Emmanuel Carrère intitulé « D’autres vies que la mienne » est parvenue, en dépit d’une actualité financière particulièrement lourde, à susciter l’intérêt des médias pour la question du surendettement. C’est extrêmement salutaire tant ce fléau social est en train de dévaster la société française. Malheureusement, l’intérêt et l’émotion créés par ce film risque fort de s’apparenter à une occasion manquée tant le débat public est biaisé par la focalisation sur la question – secondaire selon moi[1] – du « fichier positif » et la mise en scène du surendettement qui l’accompagne. Lire l’article »

La crise financière est-elle en train d’emporter la démocratie ?

Le 12 novembre 2011

Il y a des questions qu’on aimerait ne pas avoir à se poser. Et puis, on n’en est pas encore là après tout, alors pourquoi se faire du mal ? Tout simplement parce que lorsqu’on en sera « là », il sera trop tard pour réagir, et parce que de financière puis économique, la crise est aujourd’hui devenue politique. Lire l’article »

Au moins 5 millions d’exclus bancaires selon le Gouvernement

1ier novembre 2011

Les rapports au Parlement sur le suivi de l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que le rapport pour l’année 2010 affirmait que l’objectif en matière d’accessibilité bancaire était atteint, celui de cette année révèle que 5 millions de personnes ont un niveau d’accès bancaire inférieur au minimum légal et que la situation se détériore. Lire l’article »

Pour le gouvernement, l’exclusion bancaire n’est plus un problème !

4 mars 2011

La nouvelle est tombée en toute fin d’année 2010. Le 21 décembre pour être précis. Le deuxième rapport relatif au suivi de l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans remis par le gouvernement au parlement s’est révélé porteur d’une excellente nouvelle en matière d’accessibilité bancaire. La nouvelle s’étalait en caractère gras : « Sur ce point, l’objectif est désormais atteint »[1].

Le décalage entre cette affirmation et la réalité de l’exclusion bancaire est telle qu’elle prêterait à rire si elle ne traitait de situations humainement dramatiques et si elle n’était présente au sein d’un document important de la politique publique de lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté. C’est qu’en matière d’accessibilité bancaire, le constat dressé par le rapport au parlement est en effet pour le moins discutable[2]. Lire l’article »

Cantona rate le cadre mais de peu

14  décembre, 2010

Raté. Les banques sont toujours debout. N’y voyez là aucune déception de ma part. En dépit de son romantisme, les conséquences d’une telle idée pour la majorité de la population ne m’ont pas échappé. Mais est-ce une raison suffisante pour ne pas revenir sur les déclarations d’Eric Cantona ? Évidemment non. D’abord parce que je n’aurai probablement plus l’occasion d’écrire sur le « King » pour Alternatives Économiques. Ensuite, parce que l’ampleur des réactions suscitées et l’inquiétude des responsables politiques et bancaires laissent peu de place au doute : les propos de Cantona ont touché quelque chose de sensible. Enfin, parce que le mépris et l’inélégance de nombreuses réactions médiatiques renvoyant Cantona au football (comme si les citoyens ne pouvaient s’affranchir de leur profession lorsque celle-ci est manuelle (surtout pour Thierry Henry)) ou aux publicités de son épouse, ont conduit à esquiver un débat sur ce qui explique la popularité de sa vidéo. Lire l’article »

Crise des subprimes, racisme et Community Reinvestment Act

7 octobre, 2010

Lorsque l’on s’intéresse aux questions d’inclusion bancaire et donc d’accès au crédit, on est parfois amené à lire ou à entendre des théories surprenantes. De ce point de vue, la crise des subprimes est un terreau fertile. Deux d’entre elles ont particulièrement retenu mon attention. La première qui a entre autre les faveurs des « théoriciens » de l’extrême droite (mais pas seulement), dénonce l’influence négative de la loi américaine appelée Community Reinvestment Act (CRA) assimilée à tort à une forme de discrimination positive obligeant les banques à prêter aux minorités ethniques. La seconde défendue notamment par le porte parole de la Fédération Bancaire Européenne lors d’une conférence en novembre 2009 à Bruxelles (programme « Mutual learning on financial inclusion »), souligne que le manque de compétences financières des emprunteurs explique qu’ils se soient endettés au-delà de leur capacité pour acquérir un bien immobilier. Selon ces théories, la crise des subprimes tiendrait donc à l’incompétence de l’État ou à celle des emprunteurs. Lire l’article »

Frais bancaires : un accès bancaire cher payé…

18 septembre, 2010

Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) s’est félicité à l’occasion de la publication d’un rapport commandé au Credoc, de voir l’accès bancaire des publics jusqu’alors exclus s’améliorer. Si depuis 2001, la proportion de ménages sans accès à un compte de dépôt se situe toujours autour de 1%, on constate effectivement un meilleur accès des allocataires de minima sociaux au compte (96% en 2009 contre 92% en 2001) et surtout, à la carte de paiement (80% en 2009 contre 39% en 2001). De là à dire que les banques françaises se sont enfin décidées à saisir la problématique de l’inclusion bancaire à bras le corps, il y a un pas que je ne franchirais pas. Lire l’article »

Une loi insuffisamment politique sur le crédit à la consommation

27 mai, 2010

N’est-ce pas un peu dérisoire de revenir sur la loi sur le crédit à la consommation adoptée fin avril alors que l’on débat à présent de l’avenir des retraites et qu’il faut faire face à l’aggravation continue de la crise financière ? Paradoxalement, ces questions d’actualité mettent en perspective la loi et invitent à aller au-delà de ses insuffisances et limites techniques, pour mettre en lumière la dimension essentielle qu’elle occulte totalement : celle du rôle sociétal du crédit et de la finance au sens large. Lire l’article »

Prévention du surendettement : la fausse bonne idée du «fichier positif»

2 avril, 2010

À l’occasion des débats sur le projet de loi portant réforme du crédit à la consommation, la question de l’introduction d’un « fichier positif » a été remise sur le devant de la scène. Ce fichier recensant l’ensemble des crédits des particuliers serait la solution pour prévenir le surendettement. Les prêteurs étant informés de l’endettement existant des emprunteurs potentiels, ils pourraient alors leur refuser un crédit supplémentaire qui ferait basculer leur situation. Apparemment implacable, ce raisonnement perd beaucoup de son pouvoir de séduction lorsqu’il est confronté à la réalité. Lire l’article »

La dépendance des ménages aux produits bancaires nourrit l’exclusion sociale

18 mars, 2010

Le 25 février dernier, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) a remis son rapport 2009-2010 à Benoist Apparu et Martin Hirsch, dans lequel une attention particulière est portée au développement récent du surendettement. C’est l’occasion pour moi de souligner les liens entre exclusion bancaire (dont le surendettement est l’une des composantes) et exclusion sociale. En effet, lorsque l’on parcourt les écrits portant sur l’exclusion bancaire, on trouve souvent au détour d’une phrase l’affirmation selon laquelle celle-ci contribuerait potentiellement au processus d’exclusion sociale. « Potentiellement ». La présence de ce mot anodin condamne l’analyse à l’à peu près et finalement à l’incohérence. Lire l’article »

Deux mythes sur le microcrédit : le marché contre la pauvreté (2/2)

19 février, 2010

L’approche de Yunus pour lutter contre la pauvreté – son idéologie pour rester dans le ton du billet précédent – suppose de distribuer des microcrédits à des pauvres afin que ceux-ci puissent devenir des entrepreneurs et échapper à leur sort misérable. En d’autres termes, il s’agit de leur prêter un capital de départ, charge à eux de le faire fructifier suffisamment pour couvrir leurs coûts, rembourser leurs mensualités et dégager un revenu. Yunus est à ce point convaincu de la pertinence de cet outil qu’il voudrait faire de l’accès au microcrédit un nouveau droit de l’homme. Si la formule a l’efficacité des slogans des meilleurs publicitaires, elle en a également la superficialité.
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Deux mythes sur le microcrédit : un outil pragmatique dépourvu d’idéologie (1/2)

19 février, 2010

Décidément, entre mi-janvier et début février le microcrédit a eu le vent en poupe dans les médias. Esther Duflo a expliqué dans Le Monde que le microcrédit était loin d’être une panacée pour lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud. À l’inverse, dans le supplément Économie de ce même journal, Laurence Fontaine en a fait l’éloge à l’aune de l’exceptionnelle inventivité des pauvres dans l’histoire pour trouver du crédit. Enfin, dans Libération cette fois, le prix Nobel de la paix, Mohammad Yunus voulait faire du microcrédit un nouveau droit de l’homme.

Ces trois contributions invitent à revenir sur deux mystifications ou simplifications courantes à propos du microcrédit. La première qui est l’objet de ce premier billet, fait du microcrédit un outil dont la mise en œuvre dégagée de toute idéologie relèverait uniquement d’un pragmatisme gage de pertinence. La seconde qui sera développée dans un second billet, porte sur les liens établis entre cet outil et la réduction de la pauvreté. Lire l’article »

Microcrédit : des méthodes d’évaluation aléatoires ?

7 février, 2010

Enfin ! Alors qu’il existe depuis près de 30 ans, il a enfin été évalué. Il en aura fallu du temps, mais ça y est, c’est fait ! Grâce aux travaux d’évaluation aléatoire menés par Esther Duflo et son équipe, on sait enfin si le microcrédit est un miracle permettant de sortir les emprunteurs de la pauvreté ou bien un désastre faisant basculer ces personnes dans le surendettement et pouvant les pousser jusqu’au suicide. Et là accrochez-vous à vos fauteuils, si l’on se fie à la tribune d’Esther Duflo dans Le Monde du 12 janvier dernier, la réponse est sans appel : ni l’un, ni l’autre, bien au contraire. Lire l’article »

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